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Réglementation

Discrimination à l'embauche dans le BTP : obligations légales

6 min de lecture·Mars 2024

Information pédagogique — Les informations présentées dans cet article sont données à titre indicatif et à vocation pédagogique. Les montants, barèmes et dispositions légales sont susceptibles d'évoluer. Consultez la FFB de votre région, l'URSSAF ou un expert-comptable pour toute décision.

La discrimination à l'embauche est une réalité dans le BTP comme dans d'autres secteurs. Elle expose l'employeur à des sanctions civiles et pénales sévères. Dans un secteur marqué par des stéréotypes sur les métiers "d'hommes" ou sur certaines origines supposément moins aptes aux métiers du bâtiment, les risques sont réels. Tour d'horizon des obligations légales et des bonnes pratiques.

Les critères de discrimination prohibés

L'article L1132-1 du Code du travail liste 25 critères de discrimination prohibés, dont les principaux pour le BTP sont :

  • Origine (nationalité, lieu de naissance, apparence physique)
  • Sexe et grossesse
  • Âge
  • Handicap
  • Activité syndicale
  • Opinions politiques ou religieuses
  • Situation de famille

Toute décision de recrutement, de promotion ou de licenciement fondée sur l'un de ces critères est nulle et expose l'employeur à des poursuites.

Spécificités BTP : les stéréotypes à combattre

Dans le BTP, les discriminations les plus fréquentes concernent :

  • Le genre : les femmes représentent moins de 12% des effectifs du BTP. Refuser d'embaucher une femme qualifiée pour un poste d'ouvrière ou de conductrice de travaux est une discrimination illégale.
  • L'origine : des études en testing montrent que des CV identiques reçoivent moins de réponses positives selon le patronyme.
  • Le handicap : les entreprises de plus de 20 salariés ont l'obligation d'employer 6% de travailleurs reconnus handicapés.

Obligations préventives de l'employeur

L'employeur doit :

  • Rédiger des offres d'emploi neutres (pas de mention du sexe sauf exception légale)
  • Baser les décisions de recrutement sur des critères objectifs liés aux compétences
  • Former les managers impliqués dans le recrutement
  • Afficher dans l'entreprise les textes relatifs à la non-discrimination

Sanctions en cas de discrimination

La discrimination à l'embauche est un délit pénal puni de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (article 225-1 du Code pénal). En parallèle, la victime peut obtenir des dommages et intérêts devant le tribunal judiciaire. La charge de la preuve est partagée : le candidat doit présenter des faits laissant supposer une discrimination, et c'est ensuite à l'employeur de prouver que sa décision était fondée sur des critères objectifs. Voir aussi notre article sur l'égalité et la prévention des risques dans le BTP et la formation continue.

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