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Fiscalité

Impôt sur les sociétés dans le BTP : taux, calcul et optimisation

8 min de lecture·Février 2024

Information pédagogique — Les informations présentées dans cet article sont données à titre indicatif et à vocation pédagogique. Les montants, barèmes et dispositions légales sont susceptibles d'évoluer. Consultez la FFB de votre région, l'URSSAF ou un expert-comptable pour toute décision.

L'impôt sur les sociétés (IS) concerne toutes les sociétés de capitaux du BTP — SARL, SAS, SA — ainsi que les EURL qui ont opté pour l'IS. C'est souvent l'un des postes de charge les plus importants, mais aussi l'un des plus optimisables avec une bonne planification fiscale. Voici tout ce qu'il faut savoir.

Qui est soumis à l'IS dans le BTP ?

Selon l'article 206 du Code général des impôts (CGI art. 206), sont obligatoirement soumises à l'IS :

  • Les SARL et EURL ayant opté pour l'IS
  • Les SAS et SASU
  • Les SA

Les entreprises individuelles (EI) et les EURL n'ayant pas opté pour l'IS sont soumises à l'impôt sur le revenu (IR). Dans le BTP, la grande majorité des SARL opte pour l'IS, souvent pour des raisons de protection du patrimoine et d'optimisation fiscale.

Taux d'IS applicables en 2024

Depuis 2022, les taux de l'IS sont les suivants :

  • Taux réduit de 15 % — applicable sur les 42 500 premiers euros de bénéfice pour les PME dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions d'euros et dont le capital est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
  • Taux normal de 25 % — applicable au-delà de 42 500 € ou pour les sociétés ne bénéficiant pas du taux réduit.

Pour une SARL BTP avec 100 000 € de bénéfice, le calcul est : 15 % × 42 500 € + 25 % × 57 500 € = 6 375 € + 14 375 € = 20 750 € d'IS.

Comment calculer la base imposable dans le BTP

La base imposable à l'IS est le résultat fiscal, qui diffère souvent du résultat comptable. Les principales différences :

  • Réintégrations fiscales — certaines charges comptables ne sont pas déductibles (amendes et pénalités, certains véhicules de tourisme au-delà des plafonds).
  • Déductions fiscales — certains avantages fiscaux réduisent le résultat fiscal sans impact comptable (provisions réglementées, amortissements dérogatoires).
  • Déficits reportables — les déficits des exercices précédents peuvent être imputés sur le bénéfice actuel, dans la limite de 1 million d'euros + 50 % du bénéfice excédentaire.

Leviers d'optimisation légaux pour les sociétés BTP

Plusieurs leviers permettent de réduire légalement la charge d'IS :

  • Rémunération du dirigeant — une rémunération optimisée réduit le bénéfice imposable. Attention à l'équilibre avec les cotisations sociales.
  • Amortissements accélérés — pour certains investissements (matériels, véhicules utilitaires), des amortissements dégressifs ou exceptionnels réduisent la base imposable les premières années.
  • Provisions pour charges — provisions pour litiges, garanties décennale, créances douteuses.
  • Intégration fiscale — pour les groupes de sociétés BTP, l'intégration fiscale permet de compenser bénéfices et déficits entre entités.
  • Crédit d'impôt recherche (CIR) — si votre entreprise développe des méthodes innovantes (nouveaux matériaux, procédés), le CIR peut s'appliquer.

Pour aller plus loin, consultez notre article sur l'optimisation fiscale légale dans le BTP.

Acomptes et calendrier de paiement

L'IS est payé en 4 acomptes trimestriels (15 mars, 15 juin, 15 septembre, 15 décembre) puis un solde. Pour une SARL BTP clôturant au 31 décembre, le solde de l'IS est dû au 15 avril de l'année suivante. Anticipez ces flux de trésorerie dans votre plan de trésorerie BTP.

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