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Pénibilité dans le BTP : compte professionnel de prévention (C2P)

8 min de lecture·Février 2025

Information pédagogique — Les informations présentées dans cet article sont données à titre indicatif et à vocation pédagogique. Les montants, barèmes et dispositions légales sont susceptibles d'évoluer. Consultez la FFB de votre région, l'URSSAF ou un expert-comptable pour toute décision.

Le compte professionnel de prévention (C2P) est un dispositif méconnu mais potentiellement très utile pour les salariés du BTP exposés à des facteurs de risques professionnels. Pour l'employeur, le C2P représente à la fois une obligation déclarative et un outil de fidélisation des équipes.

Qu'est-ce que le compte professionnel de prévention ?

Créé par la loi El Khomri en 2015 (sous le nom de compte personnel de prévention de la pénibilité, C3P) et réformé en 2017, le C2P permet aux salariés exposés à des facteurs de risques professionnels d'acquérir des points utilisables pour trois usages : financer une formation professionnelle, réduire son temps de travail sans perte de salaire, ou anticiper son départ à la retraite (jusqu'à 2 ans avant l'âge légal).

Les facteurs de risques couverts par le C2P dans le BTP

Depuis la réforme de 2017, le C2P couvre 6 facteurs de risques :

  • Travail de nuit : au moins 120 nuits par an
  • Travail en équipes successives alternantes (travail posté 3x8, 2x8...)
  • Travail répétitif : temps de cycle court, fréquence élevée de gestes
  • Travail en milieu hyperbare (fondations spéciales, tunnels sous-marins)
  • Températures extrêmes : au-delà de 30°C ou en dessous de 5°C de manière habituelle
  • Bruit : exposition à plus de 81 dB(A) pendant au moins 600 heures par an

Les postures pénibles, vibrations et manutention manuelle ne relèvent plus du C2P mais peuvent ouvrir droit à une retraite pour incapacité permanente si elles ont causé une maladie professionnelle reconnue.

Obligations déclaratives de l'employeur

L'employeur doit déclarer chaque année les expositions de ses salariés via la DSN. Cette déclaration déclenche l'alimentation automatique du C2P. Le nombre de points attribués dépend du nombre de facteurs d'exposition et de la durée : 4 points par an pour un seul facteur, 8 points par an pour plusieurs facteurs, avec un plafond de 100 points sur l'ensemble de la carrière.

Une déclaration erronée ou une absence de déclaration peut être contestée par le salarié devant la CARSAT. L'employeur qui a mal déclaré s'expose à des pénalités. Les erreurs de déclarations sociales dans le BTP ont souvent des conséquences sous-estimées.

Évaluation et traçabilité de l'exposition

Pour déclarer correctement, l'employeur doit évaluer l'exposition de chaque salarié à chaque facteur. Cette évaluation repose sur le Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) et les fiches de poste. Elle doit être revue chaque année et à chaque changement d'affectation significatif.

Dans le BTP, où les postes et les chantiers changent fréquemment, cette traçabilité est complexe. Elle justifie l'utilisation d'outils numériques pour enregistrer les affectations et les conditions de travail. Un registre de pointage rigoureux est le point de départ indispensable.

BatiTrack et le suivi des conditions de travail

BatiTrack permet de tracer les affectations de chaque salarié par chantier et par type de poste, avec les dates et durées. Cette traçabilité facilite l'évaluation annuelle des expositions et la préparation des déclarations DSN. Moins de risques d'oubli, moins de litiges avec les salariés et une meilleure conformité réglementaire.

Source : Service-public.fr — Compte professionnel de prévention (C2P)

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